Lecture rencontre avec Roger Assaf.
Vous avez dit poète?
L’inspiration est une évidence au même titre que le pacte d’innocence qui lie l’enfant et le monde. Elle est aussi réelle que le souffle du vent ou le voyage d’un rayon de lumière. L’homme qui la reçoit subit son alchimie qui fait de toute déchirure une renaissance et de toute inquiétude une espérance.
Voir de près les décombres d’un lieu qui était habité par des hommes et a été détruit par d’autres hommes est une expérience que ni les photographies ni les télévisions ne peuvent retransmettre. Car l’émotion qu’elle procure est « entée » sur celle des hommes qui y vivaient. Sur les images que nous voyons se superposent alors celles de tout ce qui a disparu, invisible pour nous, mais que ces hommes-là voient encore. Images d’une vie devenue invisible, diffusées confusément par des visages hébétés, des mains agitées, des voix déchiquetées… La « paix » prochaine, injuste comme tous les traités de paix dictés par les plus forts, voudra « opacifier » ces images, mais y parviendra-t-elle?
Roger Assaf, né à Beyrouth en 1941, poète et homme de théâtre, est une légende vivante de la scène culturelle libanaise et un ardent défenseur de la cause palestinienne. Il a été récemment accueilli en résidence aux Treize-Vents à Montpellier par Occitanie Livre et Lecture, et ses textes sont publiés aux éditions L’Espace d’un instant (Parlatges).
La rencontre sera suivie d’un concert (information à venir).
Une coréalisation Théâtre dans la Forêt / Foyer rural de Lauroux, dans le cadre du Printemps des Poètes.

